Ce terrain de pétanque à Nice, les Niçois font tout pour qu'on ne le trouve pas
Le canon tonne. Il est Midi sur la Colline du Château.
À quelques centaines de mètres seulement de la Promenade des Anglais, des participants jouent aux boules depuis le matin.
Personne ne les regarde.
Les touristes sont ailleurs.
Ici, c’est un autre Nice.
Un Nice que même certains Niçois ne connaissent pas.
Boules, cigales et pastaga
Derrière un rideau arboré se cache un terrain de pétanque presque invisible. Pas de panneau. Pas de publicité. Pas de file d’attente. Seulement de la terre battue, quelques chaises en canisse et une vue sur la Méditerranée qui fait oublier le score pendant quelques secondes.
C’est ici que nous organisons nos tournois de pétanque.
Et c’est souvent ici que les idées reçues disparaissent.
Parce que la pétanque n’est pas ce que l’on croit.
On l’associe aux vacances, au pastis et aux parties improvisées sur une place de village.
Pourtant son histoire raconte autre chose.
Le mot pétanque vient du provençal « pieds tanqués » : les pieds ancrés au sol.
Pas d’élan.
Pas de course.
Pas de mouvement spectaculaire.
Juste un cercle, une boule et un objectif.
Cette règle a donné naissance à un jeu de précision où chaque lancer compte.
Un jeu étonnamment stratégique.
Et parfois même méditatif.
Sur ce terrain, le temps ralentit.
Les téléphones restent dans les poches.
Les conversations remplacent les notifications.
On débat d’un point avec le sérieux d’une finale de Wimbledon.
Puis tout le monde éclate de rire trente secondes plus tard.
La magie du jeu
Nos animateurs accueillent les équipes, expliquent les règles et partagent quelques astuces.
Pas de cours magistral.
Pas de compétition élitiste.
Simplement les conditions parfaites pour jouer.
Et observer ce qui se passe.
Le collègue discret devient redoutable pointeur.
Le compétiteur révèle son obsession du détail.
Le blagueur de service déstabilise toute son équipe avec ses commentaires.
En quelques parties, chacun trouve sa place.
Le pot de clôture
Puis vient le moment préféré de beaucoup.
L’apéritif.
Pissaladière.
Pan bagnat.
Socca croustillante.
Tourte de blettes.
Des saveurs qui racontent Nice aussi bien que n’importe quel guide touristique.
Depuis des années, la Colline du Château garde ce terrain à l’écart des regards.
Nous avons simplement décidé d’ouvrir la porte.
Le temps d’une partie.
« L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération »

